DEMARCHE ARTISTIQUE

Du portrait de peau aux formes enveloppantes

 

Artiste plasticienne pluridisciplinaire, l'identité est au coeur de mes préoccupations. je l’aborde sous différents angles.

En 2001, je réalise des portraits de peau d’intimes avec des denrées alimentaires, médium le plus adéquat pour retranscrire mon interprétation de la texture, de l’odeur, du goût et de l’apparence de la peau.

Je m’inspire d’un des portraits pour réaliser une installation, où je me met en scène. Une photographie en témoigne.

Cette manière de procéder devient récurrente. Je crée des objets qui ont une charge émotionnelle, que j'anime par des actions ou des performances. Puis, j'en garde une trace en vidéographie ou photographique.

Peau de C      

 

Posant le questionnement de «Qui suis-je ?», «Où est-ce que je me situe ?», je confectionne : une robe identité, révélant par sa transparence mon anatomie et mettant en exergue par des trous certaines parties de mon corps; ainsi que des cocons en ouate dont je sors pour signifier le renouveau intérieur.

     Cocon extérieur

 

En 2002, j'intègre l’Ecole Régionale des Beaux Arts de Rouen. Poursuivant mon questionnement, je l'’aborde par une nouvelle entrée : l’écriture comme révélateur de personnalité. J'élabore une série de cuivres gravés et des gravures, une série autour de l'écriture cunéiforme, ainsi qu’Auto-portrait, une photographie où j'écris à l’encre de chine sur mon corps.

Ecriture cunéiforme     

 

De 2005 à 2006, j'utilise mon corps comme un outil de mesure. Je teste mes limites physiques et corporelles. On retiendra de cette période : Mon corps mesure 1 (performance dans une boule avec une ossature en métal auquel est fixé un tissus blanc), Mon corps mesure 2 (performance où je teste mon amplitude corporelle sur les murs et le sol, dont une trace est laissée avec un pastel gras noir), Mon corps mesure 3 (performance avec un vêtement confectionné à mes mesures dont les manches s’allongent aux dimensions de la pièce) et Jismi miqiyas (cinq performances réalisées dans le désert mauritanien où je teste mes limites physiques et corporelles face à des unités géologiques).

Mon corps mesure 2     Jismi Miqiyas

  

De 2006 à 2009, je m'’interroge tout d’abord sur les relations inter-familiales. Je réalise une série de cinq photographies (Portrait de famille 1, 2, 3, 4 et 5) mettant en scène deux personnes de ma famille qui portent une coiffe à deux têtes en latex, les contraignant à adopter une position qui révèle leur rapports. Je réalise aussi deux actions filmées (Love me, Kiss me) révélant des amours familiaux étouffants et violents.

Portrait de famille I     Love me

 

En 2007, Confrontation fait entrer l’autre (l’inconnu) dans mon travail. Confrontation est une performance qui révèle la kinésphère des passants. Le visage neutre, je me place devant eux, interrompant leur marche. Après avoir exploré les relations inter-familiales, je me tourne vers les relations extra-familiales.

Confrontation

 

De 2007 à 2009, l’inconnu est toujours présent dans mon travail. Cependant, je ne révèle plus la kinésphère de l’autre mais affirme la mienne lors de performances filmées (Défensive, Encerclée, Paragens) où des objets performatifs sont utilisés (Défensive, Encerclée, Paragens). Les objectifs de ces performances sont l’auto-préservation, l’affirmation de l’individu social et la critique du contemporain.

Encerclee     Paragens

 

En parallèle, je réalise une série de vingt-deux dessins (Des gens, des gens, des gens) au stylo bille rouge sur du papier filigrané. Cette série traite du rapport entre les individus par la place qu’ils occupent dans l’espace et les uns par rapport aux autres. Je m’inspire de situations quotidiennes.

 Des gens, des gens, des gens 3     Des gens, des gens, des gens 5

 

Depuis 2010, l'aspect de l'identité sur lequel je travaille, est la transformation. L'individu est en perpétuelle évolution. Dans mes dernières oeuvres, des installations (Chrysalides II, Chrysalides I, Co-koons II, Co-koons I), je retranscris cette transformation par des modules, inspirés du cocon, à taille humaine. Le choix de cette forme enveloppante réside dans la fonction naturelle du cocon. Il permet l'évolution de la chenille en papillon; il est le symbole de la métamorphose. Le cocon est aussi un espace limité et intime, à l’image de l’Homme. L’Homme est sa maison ou plutôt le point de départ de sa maison, de son territoire. Par ces modules, je crée un lien entre l’habitat, l’homme, et sa transformation. 

Co-koons II     Chrysalides II

 

Les oeuvres en cours de réalisation sont principalement axées sur le statut de la femme : la femme-amante, la femme-mère, la femme-artiste, la femme-ménagère.

Bonne maman